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A Namur, un artiste a choisi de braver l’interdiction d’organiser des spectacles culturels.

Il a tenté de donner un concert pour 15 personnes dans une église, dans les mêmes conditions qu’une messe. 

La police a attendu la fin de la première chanson avant d’interrompre l’événement organisé dans le calme.

Quentin Dujardin a organisé un concert dans les mêmes circonstances qu’une célébration religieuse. 15 personnes maximum, masquées, et en respectant les distances de sécurité. Les membres du public sont musiciens, comédiens ou réalisateurs. Ils sont venus soutenir la culture.

Ce moment d’émotion aura été bref. Le temps d’un morceau, toléré par la police. A la fin de la chanson, un policier pénètre dans l’église et se dirige vers Quentin Dujardin. Il lui demande d’arrêter le concert. « Les autres personnes ont déjà été identifiées à l’entrée, donc je ne pense pas que ce soit nécessaire de nouveau de leur demander leur carte d’identité. Maintenant je vous invite à quitter les lieux », lui indique le policier sur un ton très calme. « D’accord, bien sûr, je vous suis », répond l’artiste.

Pendant quelques minutes, le guitariste a pu retrouver le plaisir de jouer devant un public. « Je suis très heureux d’avoir pu, évidemment, retrouver cette sensation de jouer pour ces gens, ces 15 personnes qui étaient là. Et de redonner un peu de dignité à la culture », explique Quentin Dujardin au micro de RTL-TVI.

Le musicien risque jusqu’à 4.000 euros d’amende. Les membres du public, 250 euros. « C’est cher, parce qu’on n’a déjà plus de revenu. Mais je pense que ça n’a pas de prix. Ça n’a pas de prix, donc ce n’est pas grave, tant pis », réagit Nicolas Buysse, un comédien venu assister au concert. « Ce qui m’interroge, ce sont les zones grises. C’est-à-dire comment ça se fait que 15 personnes ne peuvent pas se réunir parce qu’il y a un musicien. Alors qu’au même endroit, si c’était un prêtre il n’y aurait pas de problème », confie Samuel Tilman, réalisateur.

Un sentiment d’absurdité partagé par le prêtre qui a ouvert les portes de l’église. Lui aussi risque une amende de 4.000 euros. « Ça paraît tellement injuste qu’il y ait une population belge qui soit comme ça mise à l’écart, et en particulier la population des artistes quand même », déplore Bernard Van Vynckt, curé-doyen de Marche-en-Famenne. « Je risque une amende, mais la solidarité peut aller jusque-là ».

Le dossier va être transmis au parquet de Namur. Le guitariste a déjà affirmé qu’il contestera la décision du procureur du Roi.

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