Armistice du 11 novembre 1918, historique

Le 11 novembre marque l’anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Chaque année, on le célèbre. Pourquoi est-il important de s’en souvenir ?

L’armistice de 1918, signé le  à 5 h15, met provisoirement fin aux combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Prévu pour durer 36 jours, il est ensuite renouvelé. L’armistice reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l’Allemagne, mais il ne s’agit pas d’une capitulation au sens propre.

Le cessez-le-feu est effectif à 11 h, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, et annonçant la fin d’une guerre qui a fait pour l’ensemble des belligérants plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. Les représentants allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d’état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

La guerre est terminée officiellement le  avec le traité de Versailles.

Arrivée de la délégation allemande

Le choix du lieu

L’état-major souhaite un lieu isolé des regards capable d’accueillir deux trains : un pour les Alliés et l’autre pour les Allemands. L’ancien épi de tir désaffecté du Francport est redécouvert par hasard. Il convient parfaitement. Il est proche de la gare de Rethondes, ce qui permet de ravitailler en eau les machines qui sont en permanence maintenues en chauffe, et il est assez éloigné pour permettre des discussions loin des regards. Les journalistes sont tenus volontairement à l’écart. Un chemin en caillebotis est installé entre les deux trains pour permettre les déplacements des plénipotentiaires. L’Armistice est signé dans le wagon-restaurant du train français. Ce dernier est ensuite transformé en musée. L’armistice du , cette fois-ci demandé par la France à l’Allemagne après la bataille de France, fut signé par la volonté d’Hitler dans cette même voiture historique placée exactement au même endroit qu’en 1918, selon le désir d’Hitler, montrant ainsi son esprit de revanche envers la France, qui, selon lui, avait humilié l’Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale. Hitler se venge ainsi du diktat de Versailles. En 1940, le Führer le fait emmener à Berlin où il est évacué dans une ville voisine (Ohrdruf) lors de l’avancée des armées alliées. Il sera détruit par accident sur une voie de garage dans la gare de Crawinkel. Une reconstitution a été réalisée dans un wagon identique (le VR 2439) et est aujourd’hui présentée en forêt de Compiègne

Le Wagon de l’Armistice

Photo prise juste après la signature de l'Armistice avec au premier plan de gauche à droite l'amiral britannique George Hope, le général de division Maxime Weygand, l'amiral britannique Rosslyn Wemyss, le maréchal Foch et le capitaine de la Royal Navy Jack MarriottLe  vers h 30 du matin

Juste après la signature du traité, à la sortie du « wagon de l’Armistice » : de gauche à droite au premier plan, l’amiral britannique Hope (en), le général Weygand, l’amiral britannique Wemyss, le maréchal Foch (avec une canne et un képi ), le capitaine de la Royal Navy Marriott (en).

L’armistice

Première page du New York Times le .

Le , à h 15 du matin, Erzberger emmène une dernière fois la délégation allemande dans le wagon français. Pendant près de h, les Allemands négocient en essayant d’obtenir des atténuations sur chacun des 34 articles que compose le texte. Entre h 12 et h 20 du matin, l’armistice est signé avec une application sur le front fixée à 11 h du matin, et ce pour une durée de 36 jours qui sera renouvelée trois fois (prolongation d’un mois dans le même wagon à Trèves le  puis reconduction le  et le  pour une durée illimitée).

Dans les capitales européennes, c’est le soulagement. À Paris, un million de personnes descendent dans la rue pour célébrer l’armistice. Malgré la défaite, celui-ci est également fêté à Berlin par la population allemande, pour qui il signifie la fin des souffrances. Dans ses mémoires, Erzberger écrit : « Toutes les gares étaient pleines de monde parce qu’on avait su que nous retournions en Allemagne. L’animation et la joie régnaient partout

Le soir du Georges Clemenceau confie avec lucidité au général Mordacq : « Nous avons gagné la guerre et non sans peine. Maintenant il va falloir gagner la paix, et ce sera peut-être encore plus difficile. »

Le lendemain de l’armistice, après avoir félicité les négociateurs, le maréchal von Hindenburg fait proclamer un dernier message à l’armée allemande dans lequel il évoque déjà à demi-mot la thèse du « coup de poignard » dans le dos qui aurait été porté à l’armée par les civils.

Au vu du déni de défaite en Allemagne qui devait alimenter la contestation nationaliste de la République de Weimar, un courant historiographique français, représenté en particulier par Guy Pédroncini, relayant la position du général Pétain, devait considérer que l’armistice du 11 novembre avait été prématuré.

À la suite de cet armistice est signé le traité de Versailles, le . Ce traité, dont les clauses furent très critiquées en Allemagne, sera une des causes de la Seconde Guerre mondiale.