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« Danser encore », une chanson et un mouvement pour la réouverture des lieux de culture

Créée en décembre dernier, la chanson du groupe HK et les Saltimbanks « Danser encore » est devenue, en quelques semaines, un signe de ralliement musical pour celles et ceux qui demandent le retour des activités culturelles, et dans différentes manifestations.

C’est l’histoire étonnante d’une chanson devenue symbole de toute une contestation : depuis quelques semaines, partout en France, des happenings, ou des « flashmobs », sont organisés, parfois en marge des occupations de théâtres, et toujours sur le même air, celui d’une chanson intitulée « Danser encore », du groupe HK et les Saltimbanks. 

 

 

Publiée en décembre dernier sur les réseaux sociaux, la chanson fait directement référence aux restrictions annoncées fin octobre dernier, qui ont conduit notamment à la fermeture des lieux de culture qui n’ont pas rouvert depuis.

« Chaque mesure autoritaire, chaque relent sécuritaire, voit s’envoler notre confiance. Ils font preuve de tant d’insistance pour confiner notre conscience »

En quelques semaines, la chanson du groupe venu de Lille, connu pour ses engagements sociaux, a fait le tour des mouvements de contestation des restrictions sanitaires et du confinement, à travers des opérations organisées, par exemple le 20 mars dernier aux Vans, en Ardèche, où 2 000 personnes s’étaient rassemblées pour une performance de HK et les Saltimbanks. Problème : le public ne portait pas de masque. 

 

 

Interrogé par Le Huffington Post à ce sujet, Kaddour Hadadi alias HK a rétorqué que « dire que ce sont nous les responsables, c’est fort de café (…). C’est complètement disproportionné par rapport à 2.000 personnes qui, pendant 30 minutes, en plein air, sont heureux de se retrouver », dit-il, les comparant aux commerces et aux moyens de transport bondés, et rappelant que les rassemblements en plein air n’avaient jusqu’à présent pas provoqué de cluster.

Une chanson reprise partout en France

Mais au-delà de cet exemple, la chanson devient aussi le support de mobilisation en musique pour les artistes et personnes précaires qui occupent une partie des théâtres publics depuis désormais plusieurs semaines. Le 12 mars dernier, on a vu la chanson interprétée sur le parvis du Théâtre du Nord, occupé, à Lille – et cette fois-ci avec des participants pour la plupart masqués.

 

 

Une semaine plus tôt, c’était à Paris que la même chanson avait été reprise sous la forme d’un flashmob, les participants arrivant de plus en plus nombreux au niveau des quais de la Gare du Nord  et avec la participation de chanteurs et chanteuses lyriques.

 

 

Un peu partout, en marge de manifestations, d’occupations, ou plus simplement à l’occasion d’événements organisés spécialement autour de cette chanson, « Danser encore » a résonné en France : à Carcassonne, Marseille, La Rochelle, Saint-Brieuc ou Clermont-Ferrand, la chanson devient petit à petit un signe de ralliement pour celles et ceux qui demandent un retour des lieux et structures de création culturelle parmi les lieux ouverts en cette situation de crise sanitaire.