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Des dizaines de milliers de travailleurs, chômeurs, et pensionnés, touchent moins que s’ils étaient au CPAS

En cause, une augmentation du revenu d’intégration, et pas des autres allocations.

Pendant un an, en Belgique, des dizaines de milliers de chômeurs, mais aussi de pensionnés et de travailleurs à temps partiel, vont toucher moins que s’ils étaient au CPAS.

En juillet dernier, le revenu d’intégration sociale a été augmenté de 50 euros. Une sorte de « prime » considérée comme temporaire et exceptionnelle pour cette allocation sociale, accordée par les CPAS. Temporaire pour que ceux qui en bénéficient, disposent de 50 euros supplémentaires par mois, pour faire face, a estimé le législateur, aux conséquences négatives de la pandémie.

Jusque-là, rien de bien problématique. Cette prime en tant que telle ne pose de problème à personne. Mais d’habitude, quand le revenu d’intégration est augmenté de manière structurelle, toutes les autres allocations minimales, les revenus de remplacement de la sécurité sociale, comme le chômage, le sont aussi. « Pour que les allocations de sécurité sociale restent toujours supérieures à une allocation d’aide sociale. Ici, on n’a pas ajusté les autres mécanismes de protection sociale », souligne Philippe Defeyt (économiste de l’institut pour un développement durable) au micro de La Première.

Résultat, pendant un an : entre juillet 2020 et juin de cette année, des travailleurs à temps partiel, des chômeurs, des pensionnés et des personnes en maladie, touchent moins que s’ils étaient au CPAS.

Au moins 47 mille personnes au chômage, selon l’économiste Philippe Defeyt, , plus tous les autres, salariés, indépendants, retraités, qui touchent un revenu situé entre le revenu d’intégration et ce même revenu d’intégration revenu majoré de 50 euros. Philippe Defeyt, cite un cas de figure supplémentaire :

« Je pense que l’exemple le plus clair que l’on puisse donner, c’est l’allocation d’insertion, cette allocation dont bénéficient les jeunes qui ont terminé leurs études. Pour une personne isolée, cette allocation représente exactement 20 centimes en plus que le revenu d’intégration, si ce jeune était au CPAS. On augmente le revenu d’intégration de 50 euros, mais on n’augmente pas de 50 euros l’allocation d’insertion. Et donc, résultat des courses, ce jeune perd aujourd’hui 50 euros par mois par rapport à la situation où il serait au CPAS. »

Au total, ce sont environ 100 mille personnes qui seraient concernées en Belgique, tout en bas de l’échelle des revenus, peu importe le régime, qui sont lésées, préjudiciées ou discriminées de plusieurs dizaines d’euros par mois, faute d’avoir accès à ce supplément de 50 euros par mois. Alors qu’elles sont sans doute aussi en situation de pauvreté ou de difficultés, et « le nombre de personnes touchées par cette discrimination me fait penser qu’il est peut-être temps d’y mettre fin », estime Philippe Defeyt, qui ajoute :

« C’est la première fois depuis la guerre, que des personnes qui travaillent et des personnes qui sont dans un régime de sécurité sociale sont moins bien traitées que des personnes qui se trouvent dans un système d’assistance, à savoir le CPAS ou la GRAPA. »

Cette situation dure depuis le mois de juillet dernier. Cet effet indésirable ou ce mauvais calibrage de la mesure, n’est pas neuf. Ce qui est nouveau, c’est que la mesure vient d’être prolongée, sans que la discrimination n’ait été corrigée. Ce qui relevait peut-être d’un bricolage compréhensible, dans l’urgence, il y a plusieurs mois, vis-à-vis de matières complexes, n’a pas fait l’objet d’amendement. Pourquoi ? « J’aimerais bien le savoir aussi », conclut Philippe Defeyt.

« Pratiquement tous les partis politiques ont été, d’une manière ou d’une autre, associés à cette prise décision de la majoration de 50 euros, uniquement pour le revenu d’intégration. »

 

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