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Le rassemblement au Bois de la Cambre à Bruxelles dégénère

Le « faux » festival La Boum, qui avait « intéressé » 70.000 personnes virtuellement, qui a tout de même réuni plusieurs milliers de personnes, c’est transformé en champs de bataille.

Le canular lancé sur Facebook par une poignée d’organisateurs, « la Boum » a finalement viré au pugilat, jeudi après-midi, au cœur du bois de la Cambre à Bruxelles. Avec, à la clef, de nombreux blessés.

Dans un cadre plutôt bon enfant, plusieurs milliers de jeunes étaient rassemblés dans la plaine qui borde l’étang. Certains s’amassaient par grappes et dansaient autour de plusieurs caissons, d’autres étaient rassemblés, assis, par petits groupes. La foule était dense, peu au fait des précautions sanitaires, et surtout très jeune. On se cherchait, on se trouvait, on s’enlaçait. “On vit seuls depuis un an, c’est long un an, surtout à notre âge“, explique une jeune fille. “On a fait des efforts mais on n’en peut plus”.

Peu après 17 h, plusieurs groupes de policiers ont tenté une percée dans la foule, saisissant un caisson et prévenant les fêtards qu’ils allaient revenir. “Cette fois avec moins de diplomatie”, alerte un policier.

Un camion de police passe sur la route. “Attention, la police va procéder à la dispersion des lieux, toutes les personnes seront susceptibles de recevoir une contravention”, crient ses haut-parleurs. Lorsque les policiers reviennent vers la crête, une policière lâche, comme désabusée : “Et moi je fais quoi ?”

Vers 17 h 10, une centaine de policiers décident d’avancer dans la plaine. Ils frappent dans leurs boucliers pour disperser la foule. C’est à ce moment que la fête dérape. Dans un premier temps, les policiers repoussent les fêtards dans plusieurs coins de la plaine. Mais ils se retrouvent pris au piège et la foule les encercle. Des coups sont échangés. La plaine est vidée.

Au centre, le commissaire-divisonnaire Michel Goovaert regarde l’affrontement qui se transforme petit à petit en bataille rangée : “On dirait Napoléon à Waterloo”, clame un photographe. Les fêtards sont devenus des manifestants. Cependant on entend peu de slogans politiques. Ça scande des “Liberté” et des cris à base d’onomatopées.

Comme les policiers sont acculés dans différents endroits, c’est la cavalerie qui doit gérer l’espace. Les cavaliers sont pris pour cible par certains manifestants qui lancent des bouteilles de bière et des canettes sur les chevaux apeurés. 

Dans la cohue, une femme est bousculée par un cheval. Elle reste au sol. Vers 18 h 10, les policiers se regroupent. On évacue les blessés. Un policier, porté par deux collègues, a le front en sang. En contrebas, la fête a repris autour de plusieurs caissons. Trois autopompes et six camions de police arrivent. Ils se regroupent et lancent une nouvelle offensive, plus coordonnée cette fois. Les manifestants se dispersent petit à petit. 

C’est tard dans la soirée que le calme est revenu. D’autres rassemblements seraient déjà prévus.

 

Des témoins dénoncent l’intervention de la police

 

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