Policier tué à Bruxelles : l’assaillant est un ancien détenu radicalisé

L’homme qui a poignardé à mort un policier jeudi soir à Bruxelles est un ancien détenu pour des faits de droit commun, mais qui était fiché par l’organe belge d’analyse de la menace terroriste (Ocam), a annoncé vendredi le parquet fédéral. 

Ce suspect, présenté comme « Yassine M., né en 1990 à Bruxelles », a crié « Allah akbar, en s’attaquant armé d’un couteau à deux policiers dans leur voiture », a-t-on précisé de même source. L’un d’eux n’a pas survécu, l’autre, blessé à un bras, est hors de danger.

Selon les premiers éléments dévoilés par la police belge sur le suspect, il s’agit donc d’un ancien détenu radicalisé tenant des « propos incohérents ». Le suspect s’était présenté le matin des faits dans un commissariat de la capitale belge en demandant d’être « pris en charge au niveau psychologique ». « Il tenait des propos incohérents, parlait de la haine contre la police », a raconté le procureur de Bruxelles, Tim De Wolf.

Après avis d’un magistrat, il a été accompagné par des policiers à l’unité psychiatrique de l’hôpital Saint-Luc, où il a été pris en charge par des infirmiers. Il a ensuite pu quitter l’hôpital dans des conditions que l’enquête devra éclaircir. Selon le procureur, Yassine M. « ne remplissait pas les critères légaux » pour un internement d’office, car il était « volontaire » pour recevoir des soins. Une loi de 1990 encadre strictement les restrictions de liberté pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques.

Un policier tué, l’autre hors de danger

L’agression mortelle s’est produite jeudi vers 19 h 15 (18 h 15 GMT) sur la commune bruxelloise de Schaerbeek, dans le quartier de la gare Bruxelles-Nord. Le suspect, armé d’un couteau, a attaqué un véhicule de police arrêté à un feu rouge, et le policier au volant a reçu « un coup à la hauteur de la gorge », a détaillé le parquet fédéral. L’assaillant s’est ensuite déplacé vers le passager, frappé au bras droit. Ce dernier a pu appeler d’autres policiers, il a dit avoir entendu le suspect crier « Allah akhbar » (« Dieu est le plus grand »), selon la même source.

Yassine M. a été la cible de tirs de riposte par une patrouille arrivée en renfort, et « blessé par balle », il a été conduit à l’hôpital. Le policier frappé à la gorge, Thomas M., 29 ans, n’a pas survécu, tandis que son collègue, Jason P. (23 ans) « a été admis aux urgences où il a été opéré cette nuit », toujours selon le parquet fédéral. Il est désormais hors de danger.

Dès jeudi soir, le Premier ministre, Alexander De Croo, a rendu hommage à la victime et à toute une profession « qui risque sa vie au quotidien pour assurer la sécurité de nos citoyens ». La ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, a dénoncé une « violence inacceptable ».

« L’événement de trop »

Un syndicat de policiers a annoncé une journée d’action le 28 novembre, évoquant « l’événement de trop ». Au-delà du profil psychologique du suspect, l’enquête ouverte pour « assassinat et tentative d’assassinat dans un contexte terroriste » devrait se pencher sur son parcours carcéral.

En prison, où il purgeait une peine pour « vol avec violence », son comportement s’est dégradé à partir de 2015, a dit à l’AFP une source proche du dossier. Il a été placé dans une « section Deradex » (réservée aux détenus radicalisés). Selon l’Ocam, Yassine M. était mentionné sur « une banque de données commune contenant environ 700 noms », partagée par tous les services de sécurité en Belgique. La liste recense « les extrémistes et les terroristes connus dans le pays qui font l’objet d’un suivi prioritaire », a précisé à l’AFP un porte-parole de l’agence fédérale.

«  »«  »

Continuer la lecture